Partie 1 - Une affaire d’état ?

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Enfin au mois de mars le cadi annonça :

<< J’ai vu Si Lakhdar, le responsable politique de la willaya. Il m’a dit que les hommes se sentent abandonnés. Ils sont fatigués des promesses jamais tenues par l’Extérieur. Il serait prêt à discuter sur la base des propositions du général de Gaulle. >

<< Et comment faire ? > interrogea Heux.

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Cela faisait l’affaire de Heux qui ne voulait jouer aucun rôle dans une éventuelle négociation.
L’officier du B.E.L. préférait rester en observateur et pouvoir intervenir au gré des circonstances.

<< Comprenez-les, poursuivit le cheikh. Ils ne veulent avoir aucun contact avec les militaires ni avec les gens du délégué général. Ils n’ont pas confiance. Ils disent que les militaires vont les matraquer et les tromper. Et que les civils ne représentent rien. Ils veulent établir un contact avec un émissaire important du pouvoir parisien. >

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Le brave homme semblait avoir une idée très précise de la suite à donner à l’affaire.

Le B.E.L. avait lancé I’amorce, il était préférable d’attendre que la situation mûrisse. Il serait temps de la relancer si elle traînait trop.

Le Cheikh de Médéa allait vivre une extraordinaire aventure. Lui aussi voulait que l’affaire aboutisse.Comme toute la population musulmane, il était las de la guerre. Mais il ne fallait pas faire de faux-pas.

Les djounoud étaient épuisés certes, mais encore très méfiants et peu enclins à se faire "rouler", ni à passer pour des traîtres en discutant avec l’armée. Le cadi s’ouvrit de ses craintes au très libéral procureur d’Alger, M. Schmelk, nommé après la grande valse des Barricades. Celui-ci lui conseilla de se rendre à Paris et lui obtint un rendez-vous du Garde des Sceaux, son ami Edmond Michelet.

Et le 19 mars, place Vendôme, le vieil homme confiait ses espoirs et ses angoisses au ministre de la Justice.

Le lendemain le Premier Ministre Michel Debré apprenait la possibilité de conversations entre les chefs d’un des principaux foyers de rébellion en Algérie et des représentants du Gouvernement.
Aussitôt il en informait brièvement le général de Gaulle.

<< Sauf contre-indication de votre part, dit-il au Président de Ia République, j’irai personnellement au fond de cette histoire.>

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De Gaulle chargea son homme de confiance pour les Affaires Algériennes, Bernard Tricot, d’en suivre le déroulement pour l’Elysée. Pour sa part Debré désigna son directeur de cabinet, Pierre Racine, et le chef de son cabinet militaire, le génêral Nicot.
Celui-ci qui ne pouvait se déplacer en Algérie délégua ses pouvoirs pour cette mission à I’un de ses adjoints : le colonel Mathon.
L’équipe Tricot-Mathon, Elysée-Matignon, était constituée.

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