Pétrole et hommes sur voie unique

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 Le pétrole

Les trains de pétrole qui allaient bientôt acheminer leur cargaison du Sahara à la mer, ne pouvaient pas couvrir la distance d’une seule traite.

Quelques stationnements nocturnes avaient donc été prévus.

L’un d’eux était en gare de Batna.

Le haut commandement qui redoutait à juste titre une attaque nocturne de ces trains ainsi immobilisés avait chargé le service du Génie de construire une sorte de ’muraille de Chine’ sur un kilomètre environ au long d’une voie de garage en bout de gare, pour isoler le train de la ville et empêcher ainsi les attaques au bazooka.

Ce gigantesque ouvrage appelé “batardeau” était en cours de construction.

Réalisé avec des traverses de chemin de fer plantées verticalement dans le sol sur deux ou trois étages et ligotées entre elles par des câbles en acier, ce mur d’une épaisseur de six à huit mètres à sa base sur quatre à cinq de haut, était rempli de terre compactée.

C’était ... médiéval ... impressionnant .. indestructible !

Je suis sûr que cet autre chef d’oeuvre de l’art militaire contemporain, conçu dans le même esprit que la ligne Maginot, a su défier le temps qui passe et doit encore exister de nos jours.

Ce serait justice car, comme son illustre ancêtre, il n’a jamais servi à rien.

Durant toute l’année 1958 et une bonne partie de 1959 ( après, le pipe-line prendra le relais ... ) le train de pétrole ne fut ’attaqué’ qu’une seule fois.

C’était dans la rampe de Maafa à la sortie des gorges d’El Kantara, là où le train venant du Sud doit avaler une dénivellation de l’ordre de 800 mètres pour arriver sur ce plateau des Aurès.

Poussé et tiré par trois locomotives de plusieurs milliers de chevaux, le train montait cette forte rampe à 10 km à l’heure ... pas plus !

Cette fois-là, les rebelles ont tiré sur lui au lance-roquette ... à moins de 50 mètres de distance et ils ont manqué la cible ... comme on aurait manqué une vache dans un couloir ! Incroyable, mais vrai ... !

Bien après l’indépendance, j’ai appris de la bouche même d’anciens officiers de l’ALN du secteur que les pétroliers avaient su acheter leur tranquillité le prix qu’il fallait et que cette tentative d’attentat n’avait été perpétrée que pour donner le change.

On s’en serait douté ! Si mon pauvre colonel avait su ça ... il en aurait fait une jaunisse.

Pour de bon

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