[]

Partie 2 : les contacts secrets

, popularité : 3%

En fait ils réclamaient une autonomie interne dans laquelle ils auraient une place privilégiée.

<< Mais tout cela ne sera valable, précisa Lakhdar, que si nous avons l’accord
des autres régions. Le pouvoir des willayas est beaucoup plus fort,
beaucoup plus important que celui que peut détenir l’Organisation
Extérieure, peu consciente des réalités intérieures.
Nous devons désormais agir en deux temps.
Dans un premier temps nous allons mettre au courant de notre accord
tous nos chefs de zone, puis, après leur acceptation, nous entreprendrons
d’amener à nos vues les willayas voisines.>

<< Et Tunis ? > interrogèrent les Français.

<< Nous nous expliquerons également avec Tunis. Mais plus tard.
Que pourront faire les membres de I’Extérieur si toutes les willayas
-c’est-à-dire les combattants et par suite tout le peuple qui nous soutient-
décident de négocier avec la France ? Rien. Si ce n’est suivre. Et traiter.
Ils s’apercevront enfin de la véritable situation qui règne à l’Intérieur et
sentiront l’opportunité, si ce n’est la nécessité, d’adopter nos plans. >

Décidément la négociation s’avérait favorable. Tricot et Mathon ne pouvaient qu’abonder dans le sens de leurs adversaires d’hier, bientôt des alliés.
Il fallait mettre à exécution le plus vite possible la première partie de ce plan. Avertir les chefs de zone ne paraissait pas être bien difficile. Pourtant Lakhdar, Halim et Abdelhatif demandèrent un délai de huit semaines.

<< Tant que cela ! > s’exclama le colonel Mathon.

<>

<< Et les troupes de secteurs ? > demanda le colonel.

<>

Mathon en prit l’engagement.

<< Nous verrons plus tard ce qu’il faudra faire lorsque nous contacterons les
willayas voisines, > ajouta Si Lakhdar.

<< Quand nous reverrons-nous ? >

<>

L’affaire prenait une telle importance que, pour garantir le secret, le colonel Mathon écrivit lui-même au stylo à bille les comptes rendus de ces deux réunions et en fit six copies tirées au papier carbone pour le général de Gaulle, Michel Debré, Paul Delouvrier, le général Challe, Bernard Tricot et lui-même.

En dehors de ces six documents manuscrits il n’existe pas une note, pas un papier, pas un compte rendu qui fasse seulement allusion à I’affaire.
Chaque ligne de ce compte rendu était du baume au cœur de Challe, qui y voyait la justification de toute sa politique.

Il interrompit pratiquement toutes les opérations qui se déroulaient dans l’algérois. Avec la reddition de la willaya 4 c’étaient les trois quarts de I’AIgérie qui étaient pacifiés.

En effet non seulement la willaya de Si Salah couvrait de Palestro à Tenès - c’était la plus riche d’Algérie - mais en outre, depuis les affaires Bellounis, Si Chérif et Si Haouès 1, elle avait barre sur la willaya 6 et ses arrières.


Nouveau ORIENTATION sur le serveur

Navigation

Cette version de NotreJournal représente l’ancienne formule utilisée jusqu’en octobre 2012, en cas de difficultés, contactez nous à info@notrejournal.info !