L’Assassinat de DARLAN

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 3%

Mais l’opération du 8 novembre 1942 ne se déroula pas, au tout début, selon le plan prévu.

Des impondérables, un manque de coordination, de mauvais renseignements ont fait craindre au colonel Jousse, à un moment donné, que l’affaire fût compromise.

Manifestant une incertitude quant à l’attitude à observer dans ces conditions, très soucieux de la vie et de la liberté de ses hommes, il demanda son avis au lieutenant de réserve Goutermanoff.

II fut rassuré et surtout réconforté par le comportement énergique de son subordonné et la mission fut remplie jusqu’à son terme.

Il manifesta dans les heures qui suivirent, à titre privé et confidentiel, sa reconnaissance à son adjoint, qui avait réussi en temps voulu à le dissuader de prendre une décision regrettable.

Ces deux hommes n’eurent jamais plus l’occasion de se rencontrer... Jusqu’au mois de juin 1962, à l’occasion du procès Salan.
Le général Jousse faisait partie des juges du tribunal.
Goutermanoff était l’un des avocats chargés de défendre celui qui fut notre chef.

Un seul regard fut échangé entre les deux anciens frères d’armes du 8 novembre 1942.

Le général Jousse, ainsi d’ailleurs que le professeur Pasteur-ValéryRadot, votèrent les circonstances atténuantes. Le général Salan sauva sa tête.

Ceux qui ont tué Darlan, qui ont réussi à convaincre le jeune Bonnier de La Chapelle d’assassiner l’amiral et qui, lui, fut fusillé, ceux qui l’ont armé et qui l’ont conduit sur les lieux du crime, ne l’ont fait que pour le compte du général De Gaulle.

Ils l’ont fait en pleine connaissance de cause.

Si ce dernier a déployé la carrière que l’on connait, c’est avant tout grâce à cet assassinat. Car si l’amiral Darlan n’avait pas été abattu par ces sicaires télécommandés de Londres, De Gaulle aurait probablement bénéficié d’une retraite de général de brigade.

Et l’Algérie française serait peut- être encore vivante de nos jours.

Imaginez-vous que parmi ces participants à l’assassinat de l’amiral, certains se sont trouvés discrètement, très discrètement, compromis plus tard dans nos activités « Algérie française » et même un tout petit peu dans l’OAS.

Voici la justification qu’ils proposent, aujourd’hui encore, de leur action mortelle pour notre terre :

« Si nous n’avions pas tué Darlan, le général De Gaulle aurait été dédaigneusement abandonné sur une voie de garage par les alliés occidentaux.

Dans cette éventualité, il n’aurait eu d’autre recours que de se rallier à Staline, qui l’aurait accueilli à bras ouverts.

C’était, pour plus tard, un danger de soviétisation de la France ».

De deux choses l’une :

  ou bien ils nous prennent pour des arriérés mentaux,
  ou bien ils le sont eux-mêmes à un niveau qu’il paraît difficile d’étalonner aujourd’hui encore.

Qu’ils aient au moins le cran et en même temps l’honnêteté d’admettre leur crime et de dire qu’ils ont été manoeuvrés comme des pantins, par des individus qui savaient fort bien ce qu’ils voulaient.

Qu’ils ne s’exhibent pas, aujourd’hui encore, comme des donneurs de leçons.

Qu’ils n’abusent pas de la crédulité imbécile de certains responsables de publications qui leur font la vie belle avec une indulgence béate d’ignares bien intentionnés.

Que vient faire cette relation dans ce chapitre consacré à l’intervenant tactique marxiste- léniniste ?

Elle nous permet de comprendre l’argumentation spécieuse dont Jacques Chevallier a fait usage après l’indépendance, pour justifier son ralliement au FLN.
Il fallait, prétendait-il, empêcher l’Algérie nouvelle de devenir
soviétique !
Il fallait interdire aux forces armées du pacte de Varsovie d’installer des bases militaires au sud de la Méditerranée.
Il importait donc, selon son argumentation, d’abandonner au plus vite l’Algérie et ne pas s’entêter à la garder française.

En camouflage de ses convictions, il a proposé, à un moment donné et ouvertement, une solution fédérale. C’est-à-dire que la France avec l’ensemble de ses provinces métropolitaines d’une part, et l’ensemble des départements français d’Algérie d’autre part, devaient conserver un lien fédéral.

Or cette solution ne pouvait s’appuyer sur aucune base institutionnelle car la France n’était pas une république fédérale.

En réalité cette attitude correspondait à un traquenard grotesque, élaboré pour accéder à l’indépendance.

Un double leurre fut agité de cette manière en Algérie.
Le leurre socialo-communiste destiné à occulter l’identité tactique ethnico-religieuse du conflit qui s’y déroulait. Mobiliser par ce biais et grâce à lui des appuis progressistes et socialo-communistes français et internationaux.

Et paradoxalement aussi le leurre du « danger soviétique » pour accélérer l’avènement de l’indépendance dans le but allégué d’interdire l’implantation de la « dictature des communistes » en Algérie.

Donc, prétendaient-ils, pour éviter l’implantation des Soviets en Algérie, il faut arrêter la guerre. En acceptant de la perdre.

Au plus vite.

Jean-Claude PEREZ

Extrait de « L’Islamisme dans la guerre d’Algérie » chez Dualpha
(1) Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie


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