Le Front Algérien D’Action Démocratique et Matignon

, par  Jean Claude THIODET ✞ , popularité : 3%

Article communiqué par le docteur J.C.PEREZ

Comme tous les écrits de J.C. PEREZ ce document est instructif et documenté.

On apprend les pourparlers engagés dès 1958 entre l’Elysée et Matignon, dans le but de larguer l’Algérie après avoir éradiqué les opposants au GPRA, seuls interlocuteurs valables. On comprend pourquoi l’épisode Si Salah, la paix des braves a eu l’épilogue que nous savons.

Il fallait en fait, anéantir l’ OAS et les forces intérieures du FLN et faire rester le maximum de Pieds Noirs.

Contribution à l’étude du pourquoi et du comment de l’assassinat de la France Sud Méditerranéenne (Evian 18-19 mars 1962)

A PROPOS DE TRAITRES, CONSCIENTS OU NON :
JE PENSE A CEUX QUI NOUS REPROCHENT D’AVOIR REFUSE L’ALLIANCE AVEC LE F.A.A.D

(Front Algérien d’Action Démocratique, « mouvement » qui a pris la suite du MNA, de Messali Hadj, Mouvement National Algérien)

TOUT D’ABORD,

un rappel sur la mouvance Messali Hadj

1. Le PPA, Parti du Peuple Algérien, dissous en 1939, réapparu en 1943 grâce à De Gaulle, dissous en 1945 après le 8 mai, date des évènements de Sétif.

2. Le MTLD, Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques, à partir de 1946 jusqu’en 1954. Dissous après la Toussaint Rouge.

3. Le MNA, Mouvement National Algérien, clandestin, théoriquement concurrent du FLN.
Tous ces mouvements, sans exception, furent constamment contrôlés par les services secrets français et les différentes polices françaises. Messali était tenu en mains par l’ensemble de nos services et polices, compte tenu de ses relations avec l’hitlérisme, tout particulièrement pendant la guerre de 1939/1945. Compte tenu de ses accointances avec Otto Abetz et la Commission d’Armistice germano-italienne qui exerçait son contrôle à Alger, à partir de 1940 jusqu’à 1942.

4. Le FAAD (Front Algérien d’Action Démocratique), est apparu « sur le marché » comme par enchantement, en 1961. Force dite d’opposition au FLN dans le but de faire échapper théoriquement l’Algérie à la « dictature » du FLN.

Le FAAD était dirigé en théorie, depuis le Cabinet du premier ministre. En réalité, il était commandé par le chef, en Algérie, de la Sécurité Militaire gaulliste qui agissait en étroite collaboration avec le commandant FLN de la ZAA.


ENSUITE,

lorsque l’on se penche, en s’efforçant de rester sérieux, sur cet organisme appelé Front Algérien d’Action Démocratique, on est frappé par quelque chose d’assez inattendu.

Par le rôle que l’Hôtel Matignon a tenu, comme s’il avait voulu donner l’impression qu’il jouait contre l’Elysée à propos du devenir ultime de l’Algérie française.

On est frappé aussi du rôle qui fut celui de l’Elysée : tout s’est passé comme si on avait voulu laisser s’amuser les gens de Matignon.

Car on était convaincu à la Présidence de la République, que les états d’âme et les desiderata de Matignon, à supposer qu’ils fussent sincères, n’auraient pas la plus petite influence sur le cap rigoureux que suivait la politique élyséenne : l’abandon de l’Algérie française, en soumission au GPRA, avec comme préalable la destruction de toutes les organisations du FLN de l’intérieur, ainsi que les structures militaires ou paramilitaires françaises qui pourraient gêner l’action du GPRA.

Car pour l’Elysée c’est en faveur du GPRA et du FLN de l’extérieur, qu’il fallait agir exclusivement.

Le cap était rigoureux : abandonner l’Algérie : Oui. Mais, avant tout, éradiquer les opposants au GPRA d’où qu’ils vinssent.

Anéantir l’OAS en toute priorité. Et surtout, faire rester le maximum de Pieds Noirs en Algérie.

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